Analyse de l’architecture interne

Première partie du mécanisme

  Et si la chambre du roi n’avait jamais été destinée à servir de tombeau ?

 Les égyptologues et les architectes ayant étudié le monument et qui, il est vrai, y cherchaient avant tout un tombeau sont-ils passés à coté de la véritable utilisation de cette chambre ?

 C’est en tout cas ce que semble démontrer une analyse plus approfondie des « chambres de décharges », cette structure étrange, constituée de cinq plafonds successifs en granit, coiffants la chambre du roi.

kingchamber-559f4

 Gilles Dormion le dit lui-même dans son livre « La chambre de Chéops » publié en 2004 aux éditions Fayard.

« Si le terme de « chambre de décharge » est évocateur, il n’est cependant pas tout à fait justifié ici. Ce qui protège réellement la chambre du roi des charges considérables qu’elle aurait à subir, c’est la « voûte de décharge » en chevrons qui coiffe l’ensemble de la structure. »

 Alors quel était le but réel des constructeurs en rajoutant autant de poutres entre la chambre du roi et la voûte de décharge ?

dormion-1fc69

Croquis extrait du livre « La chambre de Chéops » de Gilles Dormion

 Presque deux mille deux cent tonnes de granit (venant de carrières situées à 960 km de la grande pyramide), ont ainsi été rajoutées au dessus de la chambre du roi sans raison apparemment logique. Quand on sait que la plus grosse des poutres avoisine les 63 tonnes, il devait forcément y avoir une bonne raison !

 Une des explications les plus sérieuses avancée jusqu’ici, était que cette structure servait à rehausser les chevrons pour ceux-ci n’appuient pas sur la grande galerie et supportent moins de poids. Il s’agirait donc de chambres de rehaussement.

 Cette solution, même si elle contient une part de vérité structurelle, ne résiste pourtant pas longtemps à l’analyse critique. Non seulement la chambre de la reine, située à un niveau nettement inférieur à celui de la chambre du roi, s’en sort très bien avec sa seule voûte à chevrons mais il était beaucoup plus simple d’éloigner horizontalement la chambre du roi de la grande galerie pour solutionner le problème de la descente de charge ! Et que dire du  dernier niveau de poutres situé entre les chevrons et qui ne peut donc pas servir de buton ni de rehausse !

 Ceux qui soutiennent cette hypothèse de rehaussement admettent aussi que l’architecture interne de cette pyramide a fait l’objet de plusieurs modifications en cours de travaux. L’abandon de la chambre souterraine et de la chambre de la reine semble leur donner raison, mais alors, puisque les modifications étaient si courantes, pourquoi ne pas avoir choisi la solution la plus facile à mettre en œuvre et s’éviter ainsi la manutention de toutes ces poutres en granit ?

 Et si les constructeurs n’avaient pas fait d’erreur ? S’il y avait tout simplement une autre logique qui faisait qu’ils ne pouvaient pas faire autrement ?

 À quoi servaient donc ces quatre niveaux de plafonds supplémentaires qui ne supportaient que leur propre poids et reportaient leurs charges sur les appuis des poutres du premier plafond de la chambre ? Pourquoi avoir tout fait pour rajouter autant de poids sur les appuis des poutres ? Avaient-ils peur à ce point que la momie soulève le plafond avec ses petits bras musclés ?

 Pour comprendre véritablement le rôle de cette structure, il faut avant tout abandonner l’idée de tombeau. Abandon assez facile si l’on admet que les deux conduits dits « de ventilation » et débouchant en façade faisaient courir de gros risques à la momie et au mobilier funéraire. Outre les insectes, le sable et éventuellement la pluie, il aurait suffit que des hommes versent de l’eau dans ces conduits pour noyer la momie et le mobilier royal. Des pilleurs auraient pu en avoir l’idée, rien que pour voir où l’eau allait ressortir.  C’est un risque que le pharaon ne pouvait pas prendre s’il voulait vivre éternellement.

Examinons donc une autre hypothèse !

 

 Tout s’éclaire si l’on commence à regarder la chambre du roi comme une simple cuve étanche en granit, munie de deux conduits d’alimentation en eau et fermée par un système de vanne à guillotine en granit (la chambre des herses).

 Que se passerait il si on la remplissait d’eau par l’un ou l’autre des conduits ?

piston1

 Avec 33 mètres environ de colonne d’eau entre le dessous du plafond et la sortie extérieure des conduits, on obtiendrait une pression de 3.3 bars (33 tonnes par m2) mais comme il resterait environ un mètre d’air comprimé en partie haute de la cuve (Calcul suivant la loi de Mariotte) on obtient en réalité une pression de 3.4 bars.

 Cette pression serait suffisante pour soulever très facilement le plafond, constitué de poutres d’une soixantaine de tonnes, offrant chacune près de six mètres carrés en contact avec l’air comprimé, sauf bien sur, si celles-ci restent maintenues en place par le poids des poutres des niveaux supérieurs.

 Rapporté à la surface du plafond de la chambre du roi (10.48m x 5.24m) = 54.91 m2 , une pression de 34 tonnes/m2 soulève 1867 tonnes.

pression1

pression2

 Si l’on considère le premier plafond comme le couvercle d’une cuve étanche, alors les planchers successifs agissent comme un poids sur ce couvercle pour empêcher qu’il ne se soulève. Un calcul effectué par un ingénieur structure a démontré que les poutres du plafond pouvaient facilement encaisser la pression sans rompre mais qu’elles se seraient soulevées s’il n’y avait pas le poids de la structure au dessus. Ce dispositif est donc une preuve visible que les constructeurs voulaient avant tout lutter contre la pression.

image009

En cas de fuite, ils avaient même prévus une soupape de sécurité avec le « passage » permettant de protéger les chevrons calcaires en évacuant l’eau vers la grande galerie.

couvercle-4df6a

 Le choix d’un plafond plat pour cette chambre se justifie également par le fait que la surface en contact avec la pression est beaucoup plus faible que celle d’une couverture à chevrons. De plus, la pression sur le plafond est uniformément répartie alors que dans le cas des chevrons, la pression serait plus forte sur le bas des chevrons que sur le haut, augmentant nettement le risque d’effondrement par écartement des chevrons.

 Dès que l’on oublie cette histoire de tombeau, il est étonnant de constater à quel point la coupe de cette « chambre du roi » ressemble étrangement à une sorte de piston hydraulique.

 Et si le sol de la chambre du roi ou celui situé sous les herses avait été conçu pour descendre pour libérer l’eau automatiquement à partir d’une certaine pression ?

 Un tel dispositif semble bien avoir été testé par les constructeurs dans la chambre de la reine. Son plancher est décaissé sans raison logique de 54 cm par rapport au niveau de son couloir d’accès et la longueur du décaissé chambre de la reine + décaissé couloir correspond à quelques centimètres près à la longueur du sol en granit chambre du roi + chambre des herses.

marche-26d14

 Il suffirait donc que le sol de la chambre du roi  ou les herses s’enfoncent de 54 cm pour obtenir une libération automatique de l’eau sans intervention humaine. L’eau s’échappant par-dessus les herses qui suivraient la descente du plancher en granit.

liberation

  La quatrième herse fixe de l’antichambre faisant office de brise-jet afin d’éviter d’endommager le mur calcaire restant entre elle et la grande galerie.

 Vous êtes vous demandé pourquoi la grande galerie ressemblait à ce point à un égout en pente ? Deux banquettes latérales et une cunette centrale ! Même sa marche en partie haute était originellement taillée en V pour orienter l’eau résiduelle vers la partie centrale de l’égout ( cunette ).

marche1-95fdc

 Pour en revenir aux « chambres de décharge » ou plutôt maintenant aux « planchers de charge du couvercle », vous avez compris que cette structure ne s’explique correctement que dans un cadre de lutte contre la pression mais qu’elle perd toute utilité autrement !

 Il serait donc bon que les égyptologues revoient leurs copies et finissent par admettre que ce qu’ils ont pris pour la chambre du roi, n’est en fait que la cuve étanche d’un piston hydraulique primitif.

 Cette acceptation à elle seule, serait non seulement une découverte majeure pour l’humanité mais permettrait aussi de relancer les recherches dans la pyramide sous d’autres bases. Jusqu’ici on pensait que les herses étaient destinées à empêcher les pilleurs de rentrer alors que visiblement elles n’avaient comme but que d’empêcher l’eau de sortir. C’est pour cette raison qu’elles ont été contournées aussi facilement. En fait, c’est toute la logique de raisonnement qui est remise en cause !

plan

 Si l’on suit le cheminement de l’eau libérée, celle-ci s’engouffre dans le couloir ascendant jusqu’au bouchons de granit. Le couloir ascendant se remplit et le poids de la colonne d’eau repousse le premier bouchon dans la descenderie, obturant ainsi le passage vers la chambre souterraine. L’excédent d’eau est évacué par le puit (en bas de la grande galerie) vers la chambre souterraine qui ne sert que de volume de rétention.

retention-7e564

 Voila qui expliquerait parfaitement pourquoi cette chambre n’est pas terminée ! Il ne s’agissait pas d’un tombeau provisoire mais d’une simple  volume de rétention destiné à recueillir l’eau et probablement aussi le sable d’un mécanisme temporisé.

 Quant à la chambre de la reine, elle a peut-être tout simplement servie à tester le mécanisme d’enfoncement du plancher avant sa mise en oeuvre dans la chambre du roi. S’agit-il d’une chambre de test ou d’un mécanisme de fermeture ayant déjà fonctionné ?

 Pour tout connaître de la position des salles secrètes et des moindres détails de cette théorie, lisez le livre de Philippe Lheureux et Stéphanie Martin « GRANDE PYRAMIDE D’EGYPTE: Les sept vérités qui dérangent »

Le principe physique

 Si notre théorie est exacte, Blaise Pascal né le 19 Juin 1623 à Clermont Ferrand et inventeur du vérin hydraulique, n’a fait que redécouvrir ce que les constructeurs de la grande pyramide connaissaient déjà il y a 2560 ans avant JC.

 L’histoire n’est vraiment qu’un éternel recommencement !

  Mais comment expliquer que les égyptologues et les architectes ayant étudié la pyramide avant nous, soient passés à coté de ce principe de base enseigné dans tous les lycées de France ?

conduit_gen

  La première idée quand on découvre un conduit débouchant en façade n’est-elle pas de le remplir d’eau au moins virtuellement pour voir ce qui se passe ?

L’expérience du crève tonneau de PASCAL

tonneau

Matériel de l’expérience

 Un tonneau rempli avec 200 litres d’eau. Un tube en pvc transparent de 10 m de longueur et de 1 cm² de section. Un litre d’eau pour remplir le tube.

Faits constatés

 À partir d’une certaine hauteur de remplissage du tube, le tonneau commence à fuir et si l’on continue à remplir le tube, il éclate sous le fait de la pression.


tonneau de Pascal par romuald35

Observations

 Ce qui crée la pression n’est pas le volume d’eau mais la hauteur de la colonne d’eau et tous les points situés à la même profondeur sont à la même pression. Le tonneau a éclaté avec seulement un litre d’eau étiré sur une hauteur de 10 m.

 Dans le cas de la grande pyramide, la colonne d’eau est égale à la différence de hauteur entre le plancher de la chambre du roi et les orifices hauts des conduits de remplissage.

  Si l’on remplit totalement les conduits, le principe du tonneau de Pascal s’appliquera et l’on obtiendra la pression la plus importante au niveau du dallage de la chambre du roi.

 Avec 34 mètres de colonne d’eau, on obtient une pression de 3.4 bars soit 34 tonnes par m². De quoi enfoncer le plancher ou repousser quelques blocs. Nous pensons que les constructeurs ont réalisé le premier vérin hydraulique de l’histoire de l’humanité et que celui ci a pour but d’ouvrir les vraies portes de la pyramide.

Maintien de pression

 Parmi les autres challenges résolus par les constructeurs se trouve celui du maintien de la pression dans la chambre du roi lors de l’enfoncement d’une pierre. Les deux conduits d’alimentation étant étroits, ils ne contiennent que 3 m³ d’eau chacun. Tout déplacement d’une grosse pierre ou surtout du sol de la chambre ferait donc chuter instantanément la pression en vidant les conduits.

 C’est ce qui se passerait si la chambre avait été alimentée en eau comme ci-dessous.

pression1

 Si le volume de la chambre augmente, les conduits se vident !

pression2

 Pour y remédier, les constructeurs ont opté pour une arrivée des conduits en partie basse de la cuve. Cette disposition a pour but d’emprisonner une grande quantité d’air lors du remplissage.

pression3

 Cet air emprisonné va se comprimer au fur et à mesure que le conduit va se remplir pour atteindre au final une pression de 3.4 bars sous le plafond de la chambre.

pression4

 Lors de l’augmentation de volume de la chambre , lié au déplacement d’une pierre ou du sol, cette grande quantité d’air comprimé va se détendre légèrement et permettre aux conduits de ne pas se vider. C’est le même principe que pour le maintien de pression dans une installation de distribution d’eau.

 Non seulement la pression sera maintenue en grande partie sans nouvel apport d’eau mais de plus, les joints des poutres du plafond de la chambre resteront au sec !

 Y-avoir pensé il y a 4650 ans force vraiment l’admiration !